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30 mars 2013

Des agents forestiers sortis du bois

Une trentaine d’agents ONF de la CGT forêt et du Snupfen forêt ont momentanément interrompu les enchères hier matin à Gérardmer pour demander l’annulation de 20 arrêtés de suppression de postes

Lu sous http://www.vosgesmatin.fr

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Frédéric Bedel (premier à droite) invite les manifestants à se prononcer sur le mode d’action du jour.

GÉRARDMER

La vente de bois résineux sur pied (66 000 m³) organisée hier matin à l’espace Tilleul à Gérardmer par l’agence Vosges-montagne de l’office national des forêts (ONF) était d’autant plus attendue des acheteurs qu’il s’agissait de la première vente publique en France après la période hivernale.

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Denis Lagneau a lu le contenu d’un tract dans lequel les manifestants dénoncent la suppression de 100 postes en Lorraine.

« Tout le monde est attentiste », soulignait Étienne Zahnd, le directeur de l’agence Vosges-montagne avant l’ouverture des enchères suspendues, une demi-heure plus tard, par l’arrivée d’une petite trentaine de fonctionnaires de l’ONF, banderole en tête aux couleurs du Snupfen (syndicat national unifié des personnels des forêts et de l’espace naturel) et de la CGT forêt. Une banderole sur laquelle on pouvait lire : « RGPP (*) + Grenelle : massacre à la tronçonneuse. »

« Notre manifestation a pour but d’alerter la filière bois dont nous sommes solidaires, les élus et le grand public sur l’abandon par l’État et par notre direction du service forestier et de la gestion de la forêt française », explique Denis Lagneau, représentant du Snupfen dans les Vosges.

Rassemblés à 8 h devant la salle, les manifestants en provenance des quatre départements lorrains étaient invités par Frédéric Bedel, secrétaire régional Snupfen, à choisir à main levée le mode d’action du jour (bloquer les enchères comme en 2008 ou s’inviter à la direction territoriale à Nancy) afin d’obtenir satisfaction sur deux revendications dont une immédiate : « L’annulation de 20 arrêtés de suppression de postes (et non la suspension comme le préconise l’ONF) pris début 2013. Et ce, dans l’attente des résultats de l’expertise agréée portant sur les conséquences, en termes de santé et de sécurité au travail, des 93 postes à supprimer à l’ONF qui vient d’être arrachée en CHSCT (comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, Ndlr) ».

La seconde revendication porte, elle, « sur la remise en cause du contrat État-ONF 2012-2016 impliquant près de 100 suppressions de postes de fonctionnaires et assimilés en Lorraine. » Une région où les effectifs sont passés de 1 020 forestiers en 2003 à 921 en 2001 avec une prévision de 828 postes en 2016.

La majorité des agents a choisi de ne pas « prendre en otage les acheteurs » et de laisser les enchères se poursuivre après la lecture, par Denis Lagneaux, d’une déclaration commune aux deux organisations syndicales.

Le directeur Étienne Zahnd a pris note des revendications formulées et confié sa satisfaction suite « à la décision responsable de ne pas bloquer la vente ». « Le combien, c’est fait ; il faut réfléchir ensemble au comment on va faire et trouver des solutions », dit-il.

(*) RGPP : révision générale des politiques publiques.

« On constate que les acheteurs ont besoin de bois ; ils n’ont plus beaucoup de stocks. On sent une reprise qui est modérée et cette vente est positive pour le budget des communes », analyse Étienne Zahnd.

Prudent dans l’établissement de son bilan sortie de vente, le directeur de l’agence ONF Vosges-montagne pense que les acheteurs anticipent sur une reprise de l’activité prévue dans le courant du deuxième semestre ou pour la fin de l’année. Une légère augmentation des cours, plus qu’une confortation, est constatée.

J.F.

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