Categories

Accueil > Actualités > Dans la presse > Régionale > Des bûcherons à quatre pattes au Waldeck

12 décembre 2014

Des bûcherons à quatre pattes au Waldeck

Lu sous http://www.lalsace.fr

L’office national des forêts a lancé en début de semaine un grand rafraîchissement du massif forestier du Tannenwald. Avec une aide originale : celle de quatre chevaux de trait, capables de tracter des grumes de plusieurs tonnes, sans défigurer le terrain.

Hier, 15 h 30 dans le massif forestier du Tannenwald, non loin du zoo de Mulhouse. Au bout d’un chemin barré par une banderole « Travaux forestiers », une tronçonneuse rugit, puis un hêtre s’abat dans un craquement sourd. Pour amener son tronc jusqu’au chemin le plus proche, les bûcherons ne vont pas utiliser un tracteur, mais des assistants plus adaptés au terrain : Olga, Victor, Qatar et Orage, quatre chevaux de traits ardennais.

« Ayyy ! », lancent leurs maîtres, Emilien Zimmermann et David Subtil. Aussitôt, les forces de la nature, pesant de 750 kg à une tonne, bandent leurs muscles, plantent leurs énormes sabots dans l’humus, tendent d’un coup sec les chaînes qui relient leur joug au tronc… et la grume, d’un diamètre de 70 cm pour un poids de près de cinq tonnes, se met à glisser parmi les souches et les ornières, jusqu’au chemin voisin.

« Oooooh ! » , lancent alors les bûcherons. Les chevaux s’arrêtent net, haletants, la croupe fumante et les naseaux exhalant de grands panaches de vapeur. « Regardez » , indique Thierry Themerlé, de l’Office national des forêts (ONF), en montrant le chemin qu’ils ont emprunté. Hormis la trace laissée par le tronc, le sol est quasi intact, et c’est bien pour cela que le Syndicat intercommunal forestier de l’agglomération mulhousienne (Sifam) a choisi, pour la première fois, d’avoir recours à des chevaux.

C’est comme dans un jardin !

« On est sur des sols limoneux, si l’on faisait venir un tracteur ici, au bout de deux passages, on aurait des ornières de 50 centimètres » , poursuit Thierry Themerlé. Ces stigmates compliqueraient la promenade des badauds, plus nombreux ici que partout ailleurs dans le domaine du Sifam, mais aussi la santé de la forêt elle-même. « Avec le compactage, le sol devient comme du béton, les racines n’arrivent plus à traverser pour prospecter et ça peut être grave, des arbres peuvent dépérir. »

Le long du chemin, des dizaines d’autres arbres ont ainsi été tractés depuis le début de la semaine. Et des dizaines d’autres le seront encore jusqu’à ce week-end : en tout, le Sifam a demandé à l’office national des forêts (ONF) d’en couper plus de 400 dans la parcelle de 10 hectares entourant le zoo, dont une bonne partie avec l’aide de ces bûcherons à quatre pattes.

Pas question de tout raser pour autant : cette opération est avant tout de l’entretien. Une bonne partie des arbres ont notamment été sélectionnés pour des raisons d’accessibilité ou de sécurité, explique Paul-André Striffler, le président du Sifam. Certains limitaient l’accès des bus au parking du zoo, « de plus en plus fréquenté, notamment depuis l’aménagement de l’espace Grand nord » , d’autres représentent un risque pour les promeneurs… « Souvent les grands arbres que l’on coupe sont malades, on le voit bien, ajoute Thierry Themerlé, de l’ONF, en désignant un hêtre fraîchement abattu dont le tronc est rongé de l’intérieur. En cas de coup de vent, un arbre comme celui-ci, avec un diamètre de 70 cm et 30 m de haut, aurait pu perdre une branche qui serait tombée sur l’allée, très fréquentée ».

Enfin, d’autres arbres sont abattus tout simplement pour faire un peu de place à leurs voisins. « On garde les plus beaux arbres et on leur donne de l’espace pour pousser librement, résume Bruno Gaston, de l’ONF. C’est comme dans un jardin : si vous voulez de belles carottes, il faut les espacer ! »

Comme lors des coupes classiques, les bois récoltés seront ensuite vendus pour divers usages, en fonction de leur qualité. Une partie sera aussi recyclée directement sur place : elle sera broyée, transformée en plaquettes et amenée à quelques centaines de mètres par les membres du Sifam pour renouveler le revêtement souple de la piste finlandaise.

Lien vers la video http://www.lalsace.fr

Partager