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23 juillet 2011

Saône-et-Loire. Le malaise à l’Office national des forêts grandit, le département n’est pas épargné.

Lu sous http://www.lejsl.com/

Deux agents ONF 71 avaient mis fin à leurs jours

Ils sont une cinquantaine en Saône-et-Loire à exercer la mission d’agents patrimoniaux, déplorant la mort de deux ex-gardes forestiers.

Ils avaient l’amour du métier selon leurs collègues. « Et comme nous, l’envie de léguer aux générations futures une forêt plutôt qu’une friche », déclarent-ils avec force.

Tous deux portaient le même prénom, Denis, exerçaient la même profession, agents patrimoniaux (ex-gardes forestiers) de l’Office national des forêts (ONF) dans le Chalonnais et le Tournugeois et tous deux, à un an d’intervalle, ont brutalement mis fin à leurs jours. Didier Oriol, 51 ans, domicilié à Sennecey-le-Grand et exerçant à Tournus, est mort le 3 août 2008. Et Didier Stouff, 54 ans, en poste à Mellecey sur la côte chalonnaise, s’est donné la mort à son domicile qui était aussi son lieu de travail en octobre 2009.

Le premier, Ardéchois, travaillait en Saône-et-Loire depuis une quinzaine d’années et le second, qui avait œuvré dans la région Centre notamment, avait rejoint les équipes de l’ONF 71 au début des années 90.

330 agents en Bourgogne

Deux décès en Saône-et-Loire pour une petite communauté composée d’une cinquantaine de spécialistes de la forêt dans le département parmi les 330 personnels en Bourgogne. La causalité entre le suicide de ces deux quinquagénaires et les conditions de travail qualifiées de «  détériorées » par le personnel reste toujours difficile à établir dans ces situations si délicates. Mais pour Patrice Martin du Snupfen, principal syndicat d’agents en poste à Cuiseaux, « les conditions professionnelles ont joué un rôle important » même s’il conçoit qu’il y a « sans doute des raisons multiples à leurs décès ».

Ces deux disparitions s’inscrivent en tout cas dans l’actuel malaise constaté au sein de l’ONF en France. Vingt-quatre suicides ont été recensés à l’ONF depuis 2005 et quatre depuis le 20 juin, le dernier en date étant survenu mercredi dans l’Allier où un agent de 59 ans a mis fin à ses jours (lire notre édition de jeudi). L’annonce de ce suicide est intervenue le jour où le Conseil d’administration de l’ONF examinait le Contrat d’objectifs 2012-2016 qui prévoit plus de 600 nouvelles suppressions de postes sur les

9 500 salariés.

« On a l’impression de ne plus faire le même métier, on dénature le contenu de nos missions. On est là pour construire la forêt, pas pour la détruire », poursuit Patrice Martin tout en rappelant qu’en 2000, on comptait « encore 400 agents en Bourgogne contre 330 aujourd’hui. Et ce n’est pas fini… La surveillance de la forêt et la gestion du patrimoine naturel ne sont plus qu’un affichage. » Le syndicaliste déplore que les équipes doivent désormais faire face à des « objectifs commerciaux » et s’offusque qu’un agent patrimonial a aujourd’hui la charge de « 2 000 hectares de forêt contre 1 000 auparavant ». Le gouvernement a promis jeudi de « mieux accompagner  » ces agents en souffrance.

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