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27 juillet 2011

Vigilance des communes forestières de la région

Lu sous http://www.lamarseillaise.fr/

Les élus de la forêt méditerranéenne ont affirmé leur forte insatisfaction sur plusieurs points du contrat Etat-ONF co-signé par la Fédération nationale des communes forestières.

Si la Fédération nationale des communes forestières entend co-signer le contrat d’objectifs et de performance Etat-ONF pour la période 2012-2016, les élus de la forêt méditerranéenne ont voté contre cette co-signature et affirmé leur insatisfaction sur plusieurs points.
Les communes forestières de la région ont pris acte de la position nationale, elles prendront toute leur part dans le suivi de la mise en œuvre du contrat. Et elles préviennent : « Une extrême vigilance sur la déclinaison locale du contrat sera maintenue, au travers de la nouvelle gouvernance partagée dans laquelle les élus entendent pleinement jouer leur rôle.  »
Le réseau des communes forestières vise l’amélioration, le développement et la valorisation du patrimoine forestier des communes en œuvrant pour une gestion durable répondant aux attentes de la société et plaçant la forêt des collectivités en élément fort du développement local.

Cinq associations départementales et une union régionale
Plus de 5 000 communes sont regroupées au niveau national. 44 associations départementales ou bi-départementales et 10 unions régionales ou interrégionales constituent l’organisation de proximité du réseau animé par la fédération nationale.
En Provence-Alpes-Côte-d’Azur, ce réseau est particulièrement développé. Il regroupe en effet plus de 500 communes sur les 963 que compte la région. Il constitue ainsi une force de proposition vis-à-vis de l’Europe, de l’Etat, de la Région et des Départements pour la définition de leurs politiques forestières adaptées au contexte de la forêt méditerranéenne.
Structuré autour de cinQ associations départementales et d’une union régionale, employant au total une vingtaine de salariés, il offre une expertise technique aux élus locaux pour la conduite de leurs projets liés à la forêt et au bois. La forêt de Provence-Alpes-Côte-d’Azur est une forêt méditerranéenne qui jouit d’une spécificité et d’une richesse incomparable.
Sa spécificité réside aussi dans le fait qu’elle est une ligne de charges dans les budgets des communes, là où, dans d’autres régions, elle est une ligne de recettes. En effet, le bois produit dans notre région se vend peu. Et la forêt, du fait des risques d’incendie, induit de lourds frais pour les communes. Les collectivités en général et les communes en particulier consacrent d’importants moyens financiers pour la valorisation et la préservation de cet espace, dans un souci d’intérêt général.
Ces spécificités font que les communes forestières Provence-Alpes-Côte-d’Azur ont pris une position différente de celle des autres communes forestières de France même si elles reconnaissent avoir obtenu satisfaction sur leurs demandes prioritaires.
L’association des communes forestières de la région explique : « Notre crainte était que l’ONF ne soit plus l’opérateur unique national et que le privé fasse son entrée dans ce secteur. Tel n’est pas le cas. Nous avons également obtenu satisfaction sur le montant du frais de garderie. »

Crainte d’une nouvelle réduction des effectifs
Mais des points, graves, de désaccord demeurent : « Cela concerne, en premier lieu, l’absence de garantie d’une gouvernance partagée au niveau local entre ONF et communes, pour la mise en œuvre du contrat 2012-2016. »
L’association avoue son inquiétude en matière d’effectifs : « Nous craignons que le maintien de l’objectif national sur les effectifs de l’ONF entraîne une nouvelle réduction en Méditerranée au regard de la pyramide des âges et des postes actuellement non pourvus. » L’association dénonce d’autre part « le manque de transparence sur le coût réel de la gestion des forêts. Actuellement, les documents transmis ne permettent pas aux élus de savoir ce qu’il en est et rien ne dit que, sur la période 2012-2016, il va en aller autrement. »
Le point de désaccord le plus important réside dans le fait que les communes forestières de la région refusent de supporter un coût supplémentaire de deux euros par hectare pour la gestion des forêts communales. « Si minime soit-il, nous allons avoir là à faire face à un coût supplémentaire qui viendra s’ajouter aux dépenses déjà lourdes liées au financement d’une gestion durable et multifonctionnelle des forêts. »
De plus, les élus « expriment une forte réticence à payer plus dans un contexte de niveau de service rendu en diminution ces dernières années et actuellement considéré comme minimal en zone méditerranéenne ».
Au regard de son importance, la forêt en Provence-Alpes-Côte-d’Azur a toute sa place pour concourir aux objectifs nationaux et cela, aussi bien dans les domaines environnementaux qu’économique. Et de rappeler que la France a pris des engagements, en matière environnementale, dans le cadre du Grenelle et des sommets internationaux, pour le stockage du carbone, la préservation de la biodiversité et des ressources naturelles. Sur le plan économique, la forêt méditerranéenne peut être facteur de création d’emplois par la mobilisation de bois.

Reportage Michel Caire

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