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22 octobre 2011

Une prof s’est suicidée...

Ou l’allégorie des chiroptères...

Lu sur
http://lecteurs.blogs.sudouest.fr

Voici quelques années j’ai lu un article scientifique sur les mœurs des chauves-souris.
Un chercheur racontait l’anecdote suivante :
Ayant attrapé quelques chauves-souris dans un piège, il leur mit une bague à chacune, autour d’une patte. Pour après, s’il réussissait à les retrouver, essayer de comprendre leurs déplacements dans les parages.
Revenu sur les lieux, quelques jours après, il retrouva une des chauves-souris morte. La pauvre bête s’était sectionné une patte, avec ses propres dents, pour... pouvoir se libérer !
Intrigué par un tel acharnement, cherchant à comprendre la raison d’un tel acte, le chercheur eu l’idée de peser le petit chiroptère et la bague. Le poids de cette dernière représentait quasiment la moitié du poids de l’animal ! D’où sa fatale tentative...
Une professeur s’est immolée par le feu, dans un lycée de Béziers. Une dame de soixante-dix sept ans s’est immolée par le feu, quelque part en France. Cinq agents de l’Office National des Forêts se sont suicidés, depuis le mois de juillet dernier. De combien de suicides ne nous a-t-on pas parlé, à la radio, à la "télé", dans les journaux ? Combien ont eu lieu, sans que nous le sachions ? Combien de meurtres violents, d’agressions idem ?
Et que nous dit-on ? "Un forcené..., il/elle était dépressif/ive, fragile psychologiquement...". Point !
Qui se donne la peine de comprendre ces gestes désespérés ? Surtout pas les médias. Encore moins les hommes, et femmes, politiques. Nous  ? Détournons vite le regard de ces gestes inconvenants, malséants. Suivons gentiment notre pauvre routine, hâtons-nous vers les prochaines soldes ! Vite, signons la pétition du jour sur Internet pour nous sentir dans la peau du Ché et une bonne conscience !
Mais il se peut qu’un jour, nous aussi, comme eux, comme la chauve-souris, nous nous coupions une patte, pour nous libérer de ce poids qui nous empêche de voler.
Ce poids qui n’est que l’âpre lutte au quotidien pour une survie matérielle et insensée. Car la vie sans idéal n’est que survie animale.
Mais nous aussi, un jour, peut être réaliserons-nous que nous avons, comme l’Albatros, "des ailes de géant qui nous empêchent de marcher".
Ces ailes ce sont notre âme, nos idéaux. Que nous avons voulu reléguer au magasin des accessoires, pour ne pas qu’ils nous empêchent de marcher parmi les autres, nos frères, nos semblables... Que nous ne pouvons pas nous empêcher d’aimer, sans pouvoir nous l’avouer. Esprits grégaires que nous sommes.
Alors, il se peut qu’un jour, nous devions choisir : se libérer du poids, couper les ailes, ou se révolter.
Ce jour là, si nous nous sentons seuls, nous couperons la patte, avec nos propres dents, comme eux. Ou bien nous nous couperons les ailes et renoncerons ainsi à notre humanité.
Ce jour là, si nous nous sentons humain parmi les humains, nous nous unirons et nous battrons pour ne plus que l’on nous mette des bagues.
Et nous pourrons alors marcher et voler...
Manuel Martinez, Biarritz (64)

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