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4 janvier 2012

« La forêt alsacienne est menacée », selon le professeur Annik Schnitzler 

Lu sous http://www.lalsace.fr

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Annik Schnitlzer : « Une forêt comme je les aime : des conifères et hêtres en Russie, dans les montagnes de l’ouest du Caucase, une forêtw primaire très riche en biodiversité. » Photo Dominique Gutekunst

Spécialisée dans l’étude des forêts primaires, la Strasbourgeoise Annik Schnitzler est chercheur et enseignante à l’université de Metz. Elle est très pessimiste quant à l’avenir des forêts alsaciennes.

2011 était l’année internationale des forêts, 2010 celle de la biodiversité. Quel bilan en tirez-vous ?

En France, ces années n’ont servi à rien si ce n’est à publier quelques livres et à organiser des colloques. La crise énergétique n’arrange rien. L’ONF coupe tout ce qui a plus de 60 cm, pratiquant un rajeunissement excessif. C’est le discours du président Sarkozy prononcé à Urmatt en mai 2009 qu’il faut accuser. Il a demandé d’intensifier la production de bois, de couper plus. Ce qui signifie couper la biodiversité.

Il est pourtant prévu de laisser des îlots de vieux bois.

Les îlots de sénescence sont rarement respectés. La hiérarchie de l’ONF impose de couper la plupart des gros arbres. Les forêts alsaciennes sont pourtant très productives. Mais aujourd’hui, elles sont menacées, par les coupes intenses, par l’ouverture de nouvelles dessertes et le passage d’engins de plus en plus puissants. La forêt vosgienne a été bien préservée pendant 50 ans, et maintenant, c’est la catastrophe. La forêt rhénane en revanche est mieux préservée grâce au Conservatoire des sites alsaciens. Mais de cette forêt primaire il ne reste qu’un petit îlot de 10 ha à Rhinau. Or, les humains ont besoin de nature sauvage.

Quelles solutions ?

Les maires ont le pouvoir de refuser les plans de l’ONF. Ils devraient résister contre la surexploitation de la forêt et soutenir les agents forestiers ONF qui la dénoncent. L’État devrait aider financièrement l’ONF dans une gestion respectueuse de la biodiversité. Notre société doit apprendre à être moins gourmande en énergie et en ressources naturelles, à respecter la nature sauvage en fermant des routes et chemins au tourisme pour créer des zones de silence.

Que faire pour adapter la forêt au changement climatique ?

Laisser la nature s’adapter, favoriser en Alsace le hêtre et le chêne en futaie irrégulière plutôt que de planter des espèces exotiques comme le douglas.

le 04/01/2012

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