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10 mars 2012

Sundgau Forêt - Grogne chez les agents ONF

 

 

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Photo DNA De gauche à droite : Christian Moureaux et Christian Rauch, agents forestiers, Rémy Halm, maire de Lutter et Grégory Kugler, forestier et maire de Winkel. Ils ont exposé hier leurs doléances à Fouad Bouchaouir, attaché parlementaire du député Reitzer. Photo DNA

C’est une profession où les mouvements sociaux restent rares. Pourtant, hier, certains d’entre eux ont cessé le travail, y compris dans le Sundgau. Les agents forestiers de l’ONF dénoncent des suppressions de postes. Plusieurs maires du Jura alsacien soutiennent leurs revendications.

Ils sont sortis du bois hier pour gagner Altkirch et le bureau du député-maire où une délégation a été reçue par Fouad Bouchaouir, attaché parlementaire du député Reitzer. Les agents ONF étaient venus sans banderoles, ni klaxons, mais bel et bien déterminés à faire entendre leur ras-le-bol.

« Dès que l’occasion se présente, départ en retraite ou mutation par exemple, la direction supprime, et cela sans se poser la question des conséquences de cette décision. »

« On réduit le personnel à tel point qu’on arrive plus à rendre le service que les communes attendent de nous », explique Christian Rauch, agent forestier à Wolschwiller et représentant du SNUPFEN-Solidaires (*), principal syndicat d’agents forestiers. Lui, deux de ses collègues, Christian Moureaux et Grégory Kugler (également maire de Winkel) et le maire de Lutter, Rémy Halm, ont donc remis hier, très solennellement, au collaborateur du député une lettre de protestation contre ce qu’ils qualifient de « mauvais coup supplémentaire porté contre les communes qui voient disparaître un à un des services publics essentiels à la ruralité ».

En fait ce que dénoncent les forestiers ce sont avant tout les réductions de postes qui touchent l’ONF depuis 2003 maintenant. « En 2003, l’ONF a connu une réorganisation. Depuis, le personnel a été réduit. Mais jusqu’à présent, la direction évaluait l’impact de la suppression de tel ou tel poste. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Dès que l’occasion se présente, départ en retraite ou mutation par exemple, la direction supprime, et cela sans se poser la question des conséquences de cette décision », critique Christian Rauch citant son propre cas. En poste à Wolschwiller il a demandé à évoluer vers d’autres fonctions. Du coup son poste va sans doute être supprimé ou, au mieux, laissé vacant faute de candidat.

On a fermé les vannes au niveau du recrutement

« Et si aucun candidat ne se manifeste ce n’est pas parce que personne ne veut venir dans le Jura alsacien comme le prétend notre direction, mais parce qu’on a fermé les vannes au niveau du recrutement », affirme Christian Rauch. « On supprime de plus en plus les gens de terrain et ceux qui restent voient leur charge de travail augmenter », complète Christian Moureaux, forestier à Courtavon. « En quelques années ma surface de forêt est passée à 1 100 hectares, soit le double par rapport à mes débuts », ajoute Grégory Kugler, garde à Winkel. Ce dernier s’attend d’ailleurs à « récupérer » 300 nouveaux hectares dans les prochains mois car un départ en retraite est annoncé à Ferrette et là encore, l’agent ne sera vraisemblablement pas remplacé. L’unité territoriale du Jura alsacien, soit 32 communes (de Hégenheim à Courtavon) et 10 000 hectares de forêt, est passée de douze agents en 2003 à huit en 2011, et ils ne seront plus que six fin 2012.

14 % de personnel en moins en Alsace d’ici 2016

« Le problème est général. En Alsace, soixante postes de forestiers doivent disparaître avant 2016. On passera de 448 équivalents temps plein à 389, soit une baisse de 14 % », dénonce Christian Rauch qui parle de « gestion du personnel basée exclusivement sur des critères financiers » et de « suppression de postes à l’aveuglette ». Le SNUPFEN critique aussi une certaine opacité de cette gestion. Selon Christian Rauch, la direction de l’ONF laisse vacants des postes en attendant de pouvoir les supprimer définitivement. « Dans l’agence de Mulhouse, huit postes sont vacants mais seulement quatre ont été proposés sur la liste des mutations. Combien seront réellement remplacés, nul ne le sait », affirme le syndicat qui craint des conséquences à long terme d’une telle politique : « tout le système forestier alsacien et son originalité, la gestion en régie, est menacé. On ne nous demande plus de gérer un patrimoine mais de faire de l’argent ». (*) Syndicat national unitaire des personnels forestiers et des espaces naturels.

Les maires jurassiens mobilisés

Une vingtaine d’entre eux l’a déjà signée. Les maires du Jura alsacien ont adressé une lettre au député Jean-Luc Reitzer pour protester contre ces suppressions de postes. Hier, Rémy Halm, maire de Lutter a d’ailleurs accompagné les représentants du SNUPFEN chez l’attaché parlementaire, Fouad Bouchaouir. « Pour certaines communes les conséquences économiques de la réduction de main-d’œuvre peuvent se faire sentir. À Lutter par exemple, la forêt représente 20 % des recettes budgétaires. La direction de l’ONF oublie que les communes sont propriétaires des forêts et qu’elles payent à l’ONF des frais de garderie et des honoraires pour un service qui est cependant toujours moindre », critiquait hier l’élu de Lutter. Rémy Halm regrettait aussi « des décisions prises sans aucune concertation ». « On apprend du jour au lendemain que des postes disparaissent sans que l’ONF se donne même la peine de passer un coup de fil au maire ».

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